Ecrit par Fuse.
Illustré par Mitz Vah
Moi, quand je me réincarne en Slime (Tensei Shitara Slime Datta Ken) est une série toujours en cours de parution au Japon aux éditions Kodansha. Comme le savent les fondus de jeux de rôles, le slime n’est pas exactement le roi des monstres fantastiques. Satoru Mikami, modeste salarié tokyoïte âgé de 37 ans, n'a pas quitté la Terre comme il l'avait prévu : il n'a jamais trouvé de petite amie, il s'est retrouvé coincé dans une impasse et a été brutalement poignardé à mort par un voleur en fuite. Alors qu'il reprend connaissance dans un nouveau monde digne d'un jeu de rôle fantastique, il est déçu mais pas vraiment surpris de constater qu'il n'est pas un chevalier ou un sorcier mais un démon aveugle et visqueux. Mais il y a des chances pour que même un slime devienne un héros. Le voici équipé de deux compétences uniques : "Prédateur", lui permettant de récupérer les aptitudes de ses adversaires, et "Grand sage", grâce à laquelle il acquiert une compréhension aigüe de son environnement. Il semble que plus notre personnage principal gagne de pouvoirs, plus l'adversaire finit par être redoutable - un parcours familier pour les fans de jeux vidéo ...
C'est la période des festivals à Tempest, et ce démon gluant sait comment organiser une fête mémorable ! Après s'être réconcilié avec Hinata et l'Église Sainte de l'Ouest, Limulzz met les bouchées doubles pour préparer une fête grandiose dans son royaume de monstres, avec l'aide de ses nombreux amis et alliés ! C'est l'occasion idéale de faire ses débuts en tant que seigneur démon et de montrer au monde entier tout ce que la Fédération Jura-Tempest a à offrir. Cet événement exceptionnel se déroulera-t-il sans accroc ? Dans ce volume 8, Limule, fort de sa sagesse infinie quant à la manière de hisser sa nation au niveau des standards auxquels il était habitué au Japon, décide d’organiser un grand festival pour célébrer son accession au rang de seigneur démon. Alors qu’il dévoile ses plans à son équipe et à nous, lecteurs, il devient vite évident que les activités qu’il a prévues dépassent largement le cadre d’un simple festival et représentent quelque chose de bien plus important. À aucun moment, Limule ne réalise que ce qu'il propose est une exposition universelle sans précédent dans le monde où il vit désormais. Il décide de construire plusieurs structures permanentes qui serviront d'attractions pour sa nation, attirant commerce et voyageurs. Il a en quelque sorte réintroduit le concept d'exposition universelle aux habitants de son nouveau monde. Il construit à la fois Disneyland et Rome, en mettant l'accent non seulement sur la technologie, mais aussi sur la magie, le divertissement, l'art et la culture. Et la nourriture, bien sûr ! Pour l'aider à réaliser ses rêves, tous les personnages apparus dans la série jusqu'à présent sont mobilisés. Personne n'est oublié, car presque tous sont mentionnés à un moment ou un autre. Ce volume entier est consacré à la description détaillée de tout ce que Limule prépare pour la plus grande fête du monde. C'est un compte rendu exhaustif des conversations, des accords et des plans. Il n'y a quasiment aucun conflit, seulement une planification minutieuse et l'exécution de ces plans.
Si cela vous paraît terriblement ennuyeux, vous serez peut-être incité à passer au tome suivant. Pourtant, nous avons été captivé par l'évolution des relations que Limule a tissées, qui portent leurs fruits tandis qu'il façonne les détails de son pays. Le plaisir réside dans l'observation de Limule interagissant avec désinvolture avec ses amis depuis son nouveau pouvoir, et dans la façon dont ils s'enthousiasment pour des choses aussi bien banales qu'extraordinaires. Son mépris initial pour la Reine des Fées Ramiris change lorsqu'on découvre l'étendue de ses pouvoirs, et elle devient rapidement l'une de ses plus fidèles alliées. De même, le marchand louche Mjollmile, recruté pour orchestrer une opération d'envergure, fait l'objet d'un traitement de faveur. Voir Limule entrer tranquillement dans le bureau de Fuze et y déposer des invitations nous a fait sourire, tant l'audace était grande. La joie de Limule à attirer l'attention devient celle des lecteurs, et il est plaisant d'assister à ce déroulement. Un rappel que l'histoire est racontée dans son intégralité, même si ce point n'est pas toujours évident, survient lorsque Limule intervient de temps à autre pour évoquer l'évolution de certains éléments de son royaume. Ces interventions, qui atténuent le suspense quant à une éventuelle défaite cuisante de son royaume, atténuent la tension liée à la naissance de traditions imminentes. Vu la puissance démesurée de tous les personnages, l'idée de défaite ne devrait même pas effleurer l'esprit du lecteur à ce stade. Cette série est comme un immense bol de glace : certes, on peut avoir quelques frissons, mais ce n'est qu'une grande flaque de sucre. L'échec est tout simplement inconcevable. Mais oui, ce tome est vraiment très technique. On s'attend à ce qu'il soit très peu adapté en anime un jour. L'action est quasi inexistante jusqu'aux dernières pages, où une révélation surprenante concernant un membre de longue date de l'équipe de Limule déclenche un combat inhabituel. Même alors, ce conflit relève davantage d'une question interpersonnelle que d'une question de puissance ou de force brute. Ce volume reprend le même format que les précédents, avec des pages d'ouverture en couleur et une note de l'auteur en conclusion. Le seul autre bonus est une courte bande dessinée d'une seule page.
VERDICT
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Un volume entier de 300 pages consacré à la mise en place d'une exposition colossale, comme on n'en a jamais vue. Si la logistique fantastique vous passionne, ce volume est fait pour vous. Preuve de la richesse de son univers, nous avons été captivé par les détails des préparatifs de Rimuru pour son entrée fracassante en tant que Seigneur Démon. C'est l'occasion idéale de réintégrer tous les personnages rencontrés jusqu'ici et de retracer leur évolution jusqu'à devenir des forces colossales. Le récit s'interrompt brusquement juste avant le début du festival, ce qui agacera sans doute les lecteurs les plus impatients. On imagine la réaction de l'éditeur de Fuse en apprenant que ce temps mort allait être consacré à un volume entier. De l'exposition pour l'exposition, en quelque sorte. Allez, on y va ?