Scénario et dessin : Kent
Great Kaiju Gaea-Tima (Daikai Gaea-Tima) ) est une série toujours en cours de parution au Japon et qui a connu huit tomes à ce jour aux éditions Kodansha. La ville portuaire de Sukuba fut endommagée par les énormes vagues provoquées par un monstre surgi de la mer. Ce monstre, qui cessa d'être actif, se dissout dans la mer et devient une riche source de nutriments pour les fruits de mer, enrichissant l'économie de la ville. Il fut alors appelé Gaea-Tima, le dieu de la fertilité. Une jeune fille nommée Miyako Morino, victime de la catastrophe, fabriqua des poupées Gaea-Tima pour commémorer l'événement, vendues comme souvenirs et devinrent populaires. Cependant, un monstre apparaît dans la ville restaurée de Sukubai pour la première fois depuis dix ans… Les monstres sont-ils ennemis ou alliés de l'humanité ?
Peu après que Gaea-Tima a détruit le monstre souterrain, un objet volant non identifié est aperçu au-dessus de la mer du Japon. Alors que Miyako doute de ses propres capacités et de son lien avec Gaea-Tima, son pire cauchemar devient réalité : l’objet est un autre kaiju ! Un combat s’engage, et Gaea-Tima, incapable de voler, est clairement désavantagée. Mais personne ne s’attendait à ce que ce monstre soit lui aussi piloté par une humaine ! KENT a réussi un tour de force sur le marché saturé du tokusatsu imprimé : redonner au kaiju toute sa dimension émotionnelle sans sacrifier le caractère spectaculaire de la catastrophe. Le scénario du quatrième tome rompt avec la bidimensionnalité du genre. Après la défaite d'Ingalon, l'apparition d'un objet volant non identifié au-dessus de la mer du Japon constitue non seulement une menace physique, mais aussi le catalyseur de la crise d'identité de Miyako. KENT aborde avec brio le poids de la culpabilité ; l'héroïne ne perçoit plus Gaea-Tima comme un simple outil de défense, mais comme le prolongement de sa propre peur. Cette vulnérabilité se concrétise avec l'arrivée d'Esashi Hibari, un antagoniste dont l'arrogance fait écho aux insécurités de Miyako. Hibari, qui se qualifie de dompteuse, introduit un dilemme éthique fondamental dans son œuvre : les monstres sont-ils des forces de la nature ou des esclaves de la volonté humaine ? La confrontation initiale, où Gaea-Tima chute en raison du désavantage tactique de ne pouvoir voler, prive le lecteur de la sécurité du héros invincible, nous rappelant que dans ce tankobon , la biologie dicte toujours les règles du combat. L'utilisation de la couleur n'est pas purement ornementale ; c'est un outil narratif qui souligne les états psychologiques des personnages. Tandis que les combats vibrent d'une palette agressive et saturée, les séquences oniriques où Miyako rencontre une Gaea-Tima miniature emploient des tons pastel et flous qui renforcent la fragilité de leur lien. L'analyse des illustrations de ce volume révèle un auteur obsédé par la composition des effets spéciaux. Le style de KENT intègre des hommages constants aux tokusatsu classiques de l'ère Heisei , mais les revisite avec une approche moderne où le design des kaiju oscille entre l'étrange et le sublime. Le design de Tsubagura et son attaque d'eau à haute pression – qui rappelle inévitablement les mechas emblématiques de la culture populaire – sont exécutés avec un dynamisme qui exploite pleinement le format 13x18 pour créer une impression d'échelle colossale.
VERDICT
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En conclusion, le tome 4 de Great Kaiju Gaea-Tima représentent un tournant décisif pour la série. KENT ne se contente pas de rendre hommage au genre du manga de monstres, mais établit également une nouvelle norme pour la narration du lien humain à travers le monstrueux. La révélation de l'existence d'autres êtres liés à ces créatures ouvre un champ des possibles qui promet une montée en tension sans précédent.