Scénario et dessin : Hirosama Okushima
School of Villains (Villain no Gakkou) est une série en trois tomes publiée au Japon aux éditions Shinchosha. Joichiro Kirinji (15 ans) est le fils du Premier Ministre du Japon, et est destiné à prendre la suite de son père à la tête du pays. Mais quand il va découvrir que le véritable boss du Japon n'est pas son paternel, mais un chef de clan yakuza, il va tout faire pour prendre cette place là. Le voilà donc parti pour un cursus dans le lycée Biran, école rempli de jeunes fils de clan, de voyous, et autres gangsters. Il va lui falloir faire preuve de force de caractère et de charisme pour se hisser à la tête de l'établissement et pouvoir être en lice pour la vraie première place du pays.
Kirinji fut vaincu par Seiryu, le chef de gang des élèves. Malgré sa défaite, il déclara lors de la réunion des chefs de gangs qu'il prendrait la tête du lycée Miran. Les élèves de deuxième année, se sentant humiliés, n'allaient pas rester silencieux… Dans ce troisième et dernier tome, on assiste à un point d’ébullition, un moment où tout ce qui a été construit jusque-là bascule vers une confrontation plus frontale entre ambition personnelle et réalité brutale du terrain. Après sa défaite cuisante face à Masamune Seiryu, Joichiro refuse catégoriquement de s’effacer. Ce qui m’a marqué, c’est cette scène où, devant l’assemblée des délégués, il proclame qu’il vise toujours le sommet. Ce n’est pas un simple acte de bravade, c’est une déclaration de guerre. Psychologiquement, Joichiro apparaît ici plus nu que jamais. Derrière son assurance presque arrogante, on sent une obsession, un besoin de dominer qui dépasse la simple compétition scolaire. En tant que fils du Premier ministre, il porte une pression implicite, celle de devoir être à la hauteur d’un héritage, et ce lycée devient pour lui un terrain d’expérimentation du pouvoir. La cession de roulette russe est excellente, magistrale. L’émotion qui se dégage de ce tome est une tension constante, une sensation de montée en pression. Il n’y a pas de moment de répit. Chaque scène semble préparer la suivante, chaque décision entraîne une conséquence immédiate. Pourtant, au milieu de cette brutalité, il y a quelque chose de fascinant dans la volonté du héros. On ne sait pas vraiment s’il faut l’admirer ou s’en méfier, et c’est précisément ce qui rend la lecture si prenante. Graphiquement, le style d’Okushima renforce cette atmosphère. C’est superbe. Le trait est nerveux, expressif, avec des visages souvent marqués par des regards intenses, presque agressifs. Les scènes de confrontation sont dynamiques, les corps semblent toujours en tension, prêts à exploser. Il y a une énergie brute dans le dessin qui correspond parfaitement à l’univers du manga. Les décors restent relativement simples, très soignés et cela permet de concentrer l’attention sur les personnages et leurs affrontements, physiques ou psychologiques. Qu’est ce qui fait un leader dans un environnement où la loi est dictée par la force et la volonté. Joichiro cherche à imposer sa vision, mais il doit encore prouver qu’il en a la capacité. Ce tome agit comme une montée vers quelque chose de plus grand, une ascension semée d’obstacles où chaque victoire potentielle doit être arrachée. Par contre, on ne comprend pas la fin. La série est censée être finie en trois tomes, mais là… Va-t-il y avoir un autre cycle, ou bien une nouvelle série qui va reprendre cette histoire ?
VERDICT
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Le contexte et l'univers sont intéressants, mais le plus divertissant, c'est la manière dont ils tentent d'appliquer une logique politique au monde des yakuzas. Malheureusement, l'histoire s'est arrêtée au tome 3… Nous aurions aimé en voir plus…